Hitler : homme d’état, guerre et paix dans la balance.

Que pourrais-je souhaiter d’autre que la traquilité et la paix
Hitler, 1935

La réponse à la question “comment résoudre le problème de Dantzig et du corridor ?” reste la même dans le grand public. Intégration au Reich? Oui. Par la guerre ? Non.
Le Landrat d’Ebermannstadt, Haute-Franconie, Juillet 1939

A un talent particulier, proche du génie de la démagogie, pour faire appel aux émotions, espérances et blessures nationales et populistes.

La propagande crée une atmosphère d’exaltation nationale aveugle et déchaînée.

Le IIIe Reich stimule un chauvinisme belliqueux.

Image : Nationaliste, patriote acharné, qui luttait hardiment, sans faiblesse, pour en finir avec le traitement, jugé injuste et discriminatoire, que subissait le peuple allemand depuis la Première Guerre Mondiale.

Discours secret aux rédacteurs en chef de la presse allemande, novembre 1938 : Seulement en insistant sur le désir de paix, les intention pacifiques de l’Allemagne. Doter le peuple allemand des armements qui ont toujours été la base nécessaire de l’étape suivante.

1. Triomphe sans effusion de sang

Rémilitarisation de la Rhénanie.

Campagne électorale de mars 1936 : La jubilation du triomphe national se mêlait au soulagement : le sang n’avait pas coulé.

L’admiration pour Hitler en tant que créateur du nouveau prestige mondial de l’Allemagne.

Parce que le Führer a réussi à unir l’Autriche à l’Allemagne sans effusion de sang.

2. La tension

3. La guerre

Hitler était un cas unique : son origine sociale modeste, ses talents de démagogue populiste et par la force de la foi en lui qu’il avait suscité.

Malgré des semaines de propagande incessante, beaucoup de gens, selon certains rapports, ne savaient pas trop pourquoi il y avait la guerre.

Années de terreur et de répression -> Absence de toute répression ouverte à la guerre d’Hitler, ne peuvent expliquer que marginalement le mythe du Führer est resté intact.

Ses efforts pour dénigrer le rejet de la guerre comme antipatriotique et défaitiste et le bannir de facto du discours public avaient été beaucoup plus efficaces.

Elle avait convaincu l’opinion que la guerre contre la Pologne était justifiée, nécessaire, dans un conflit qui avait été importé à l’Allemagne.

L’offre de paix : son discours au Reichstag du 6 octobre 1939. La propagande a pu exploiter son rejet immédiat par Chamberlain et Daladier : Le seul désir de l’Angleterre est la destruction de l’Allemagne.

Les réactions à l’attentat contre Hitler du 8 novembre 1939.

  • Renforcement des sentiments identifiaires du peuple allemand.
  • La dévotion au Führer s’est faite encore plus profonde.
  • Attitude à l’égard de la guerre encore plus positive.
  • Climat acharné contre la Grande-Bretagne que la propagande nazie accusait d’être instigatrice de l’attentat.

Image du stratège au génie militaire incomparable.

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2 comments on “Hitler : homme d’état, guerre et paix dans la balance.
  1. G. Leclerc says:

    Hitler, le héros choisi des Allemands pour effacer le revers de la Première Guerre et redonner gloire et fierté à la nation, a pu exercer une triple domination sur le peuple allemand afin d’avancer ses objectifs.

    Qu’il soit question de sa domination légale née de son élection au poste de Führer ou de son appel à la tradition allemande, qui rêve encore à la gloire du « fatherland » et veut effacer toute trace d’échec et de honte, pour justifier ses actions en se basant sur la tradition culturelle, engendrant une légère domination traditionnelle. Sans oublier la plus importante, la domination charismatique du personnage, tant réelle que construite par la propagande, qui permet un succès important pour assurer l’approbation du peuple, ou au moins une faible résistance ouverte.

    Cette domination assurée sur trois facettes, légale, traditionnelle et charismatique, permit à Hitler d’aller vers ses objectifs avec très peu de résistance légitime. Sa propre légitimité étant largement issue de victoires politiques « sans effusion de sang », brillamment communiquées par une machine de propagande d’une efficacité impressionnante.

    Les nombreuses confirmations de la supériorité allemande face au reste de l’Europe à travers des victoires sans combats assurent une légitimité surprenante à Hitler et à ses projets aux yeux de son peuple.

    Mais encore?
    A priori, son rôle, héroïque ou démoniaque, nous porte souvent à oublier qu’une nation ne peut être efficacement contrôlée par un seul individu. Il n’est pas à lui seul l’Allemagne nazi, mais bien un symbole de et pour cette dernière.

    Ses talents oratoires incontestables, jumelés à une propagande martelant les objectifs, ont pu assurer une domination des ambitions allemandes en incitant sur ses objectifs et, surtout, en dénigrant les positions alternatives comme étant antipatriotique, une approche très prisée par tout leader d’une organisation chauviniste.

    Nombre d’hommes politiques avant lui, et depuis, ont su manier ces outils de manière à s’assurer une domination sur les pulsions de leur peuple, parfois avec des objectifs et résultats louables et parfois avec des résultats catastrophiques. Des succès populistes comme celui d’Obama à ceux dictatoriaux comme ceux des Castros.

    L’histoire écrite par les vainqueurs permet difficilement de porter un jugement neutre sur ces objectifs et résultats, mais il est toujours possible d’observer les méthodes utilisées afin de savoir les reconnaître et être moins susceptibles à une domination involontaire.

  2. G. Leclerc says:

    Pour ce qui est de la longueur, j’étais en effet conscient de l’exagération, mais ne pouvait couper sans dénaturer les propos, soit en perdant le lien plus concret avec la théorie de Weber, soit en perdant les aléas qui ajoutent une optique intéressante. Je préférais assumer les conséquences que de diluer mes propos.

    Pour ce qui est des fondements de telles dominations charismatiques, je crois que le vieil adage voulant que l’on n’ait pas le leader que l’on souhaite, mais bien celui dont on a besoin explique en partie la situation. L’Allemagne ne souhaitait pas avoir un leader nécessairement agressif et conquérant, mais elle avait besoin de reprendre confiance en elle et un tel leader peut sembler offrir cette option.

    À noter que cette histoire est un écho du passé qui se répète encore, sans partisanerie face aux résultats quelconques. Même Obama a su profiter habilement d’une vague avec son « Yes we can », après l’« horreur » des années Bush Jr., le peuple américain voulait un changement, sans toutefois avoir d’idée précise du type de changement.

    La même offre de « changement » pour le peuple face à un ennemi commun tient pour la prise de pouvoir de nombreux dictateurs (Ceauşescu en Roumanie qui défie la Russie, Castro en rejetant l’influence américaine, et de nombreux autres). Le changement est souvent perçu comme intrinsèquement meilleur qu’une réalité inappréciée, sans considérer vers quoi on change (et parfois, pourquoi).

    Leaders convaincus qui arrivent au bon moment ou opportunistes qui savent suivre une vague? Impossible de trancher dans la majorité des cas. Idéalement, un leader convaincu de ses idées, mais qui sait assez suivre la vague pour assurer que ses idées seront mises en œuvre serait-il le prototype idéal du leader qui « réussit »?

    Pour les conséquences, bien souvent une déception, nos attentes étant irréaliste parce qu’on croyait être alors « sauvés ». Nombre de dictateurs cachent ces effets sous une poigne de fer, qui ne fait que macérer le mécontentement.

    Un sujet très intéressant, mais où il est oh combien difficile de dissocier nos valeurs et jugements face aux objectifs et résultats du leader pour ne considérer froidement, et quelque peu hors contexte, que les moyens utilisés et la justesse de son jeu. Être vilipendé par autrui est-il nécessairement mauvais si on a fait une marque que l’on juge positive sur le monde (va pour Obama et Obamacare tant que pour les dictateurs de républiques de bananes)?

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